Le persan, que ses locuteurs appellent farsi, est la langue officielle de l'Iran et celle de tous les échanges à Téhéran. Il s'écrit de droite à gauche avec l'alphabet arabe complété de quatre lettres. Sa grammaire reste accessible à un francophone puisqu'elle ignore le genre grammatical et les accords d'adjectif. Quelques mots prononcés sur place changent la tonalité d'un échange et l'effort est toujours bien accueilli.
Le taarof est un code de politesse omniprésent, fait d'offres et de refus successifs. Un commerçant annonce parfois que la marchandise est offerte, par la formule ghabeli nadare. La proposition n'est pas littérale et le paiement reste dû. Un hôte insiste plusieurs fois pour resservir, un invité décline d'abord puis accepte. Une offre se refuse en général deux fois et s'accepte à la troisième si elle est répétée.
La poignée de main est courante entre hommes. Entre un homme et une femme sans lien de parenté, la main posée sur le cœur remplace le contact. Les chaussures se retirent à l'entrée des habitations. Les règles vestimentaires en vigueur imposent aux femmes le foulard en public et des vêtements couvrant bras et jambes. Les hommes portent un pantalon long et évitent le short et le débardeur.
L'anglais et l'arabe sont les deux langues étrangères obligatoires du secondaire. L'anglais se pratique surtout chez les jeunes citadins et dans l'hôtellerie. Dans les taxis, les bazars et les administrations, il rend peu de services. Le français a occupé une place notable dans les milieux instruits jusqu'aux années 1960, puis son usage a fortement reculé. Il en reste des traces dans le vocabulaire courant, où mersi s'entend aussi souvent que mamnoun.
L'Iran réunit des dizaines de groupes linguistiques. Le persan est la langue maternelle d'environ 60 pour cent de la population. L'azéri, langue turcique, en rassemble 13 à 15 pour cent, le kurde environ 10 pour cent, le lori 6 pour cent. Téhéran, ville d'immigration intérieure, accueille toutes ces communautés et une part importante de ses habitants parle azéri en famille. Des communautés arménienne et assyrienne y maintiennent leurs églises et leurs écoles. Le persan demeure la langue commune de la capitale.